Nouveau rapport de l’UNICEF : un enfant de moins de cinq ans sur trois ne reçoit pas l’alimentation dont il a besoin pour bien grandir

 « De nombreux pays pensaient avoir relégué la malnutrition au rang des problèmes du passé, mais ils découvrent qu’ils ont un nouveau problème très important » avec l’alimentation de leurs enfants, explique Victor Aguayo, chef du programme nutrition de l’UNICEF dans le dernier rapport publié ce 14 octobre 2019.

Sur les 676 millions d’enfants de moins de cinq ans vivant dans le monde en 2018, environ 227 millions (un enfant sur trois) sont sous-nutris ou en surpoids, et 340 millions (soit un enfant sur deux) souffrent de carences alimentaires, calcule l’agence de l’ONU pour la protection des enfants. Sur fond de mondialisation des habitudes alimentaires, de pauvreté persistante et de changement climatique, un nombre croissant de pays cumulent ces différents visages de la malnutrition (malnutrition, surpoids, faim cachée…), compromettant leur développement futur, analyse l’Unicef.

«La façon dont nous comprenons et répondons à la malnutrition doit changer: il ne s’agit pas seulement de donner aux enfants assez à manger, il s’agit avant tout de leur donner la bonne alimentation», explique Henrietta Fore, directrice de l’Unicef, dans un communiqué de presse qui accompagne la publication de ce nouveau rapport d’importance.

La sous-nutrition reste malgré tout au premier plan, affectant environ quatre fois plus de jeunes enfants que le surpoids. Si le nombre d’enfants ne recevant pas suffisamment de nourriture au regard de leurs besoins nutritionnels a beaucoup baissé (-40% entre 1990 et 2005), cela reste un problème majeur pour de nombreux pays, principalement en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud. 149 millions d’enfants dans le monde sont ainsi trop petits pour leur âge (retard de croissance en raison d’une malnutrition chronique) et 50 millions, trop maigres par rapport à leur taille (émaciation, liée à une malnutrition aigüe et/ou à un problème d’absorption des nutriments).