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La malnutrition

La malnutrition ce tueur invisible…

Dans la majorité des cas, la malnutrition dont souffrent les enfants est modérée et chronique. On parle de tueur invisible car ils ne présentent pas de symptômes cliniques apparents. Pourtant, les carences nutritives récurrentes ont des conséquences désastreuses sur la santé de l’enfant : diminution des défenses immunitaires, retard du développement, augmentation du risque de mortalité. Améliorer durablement l’état nutritionnel de ces enfants est le combat d’Antenna.

 

 

 

 

Denis von der Weid, Fondateur d’Antenna répond à nos questions…

Qu’est-ce que la malnutrition ?

Si je dois donner une définition de la malnutrition, je dirai qu’il s’agit d’un déséquilibre entre les apports en éléments nutritifs et les besoins de l’organisme. Elle est considérée comme une maladie et elle touche en 2013 plus de 165 millions d’enfants de moins de 5 ans. Un enfant est malnutri quand son alimentation est insuffisante en quantité et en qualité.

Il semble qu’il y ait plusieurs formes de malnutrition ?

Oui en effet. Il y a deux formes de malnutrition : la malnutrition chronique et la malnutrition dite aiguë. La malnutrition chronique correspond à un retard de développement de l’enfant et plus précisément un retard de croissance en taille dû à des carences nutritionnelles persistantes dans le temps. C’est celle que nous traitons chez Antenna. On parle de malnutrition aiguë quand le corps commence à consommer ses propres tissus pour y trouver l’énergie et les composants nutritionnels nécessaires à sa survie. Une prise en charge rapide et efficace est nécessaire car le pronostic vital est engagé.

Mais la faim, la famine et la malnutrition, ce n’est pas la même chose ?

Merci de soulever ce point car trop souvent il y a confusion entre ces trois termes. Pour faire simple :

  • La faim est une sensation physiologique qui appelle à un comportement, la recherche de nourriture. La FAO la mesure par le rapport entre les récoltes agricoles d’un pays et sa population.
  • La famine est une privation ou disparition de nourriture à grande échelle sur un territoire donné et pour une longue période.
  •  Et la malnutrition est liée avant tout à la qualité des aliments absorbés, à leur valeur nutritionnelle. L’UNICEF la mesure par le rapport poids/taille d’une population donnée.

J’ajouterai que la communauté internationale met aujourd’hui davantage l’accent sur le retard de croissance, une taille insuffisante pour l’âge, en tant qu’indicateur de sous-nutrition. D’ailleurs, en mai 2012, l’Assemblée Mondiale de la Santé, organe décisionnel de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) est convenu d’un nouvel objectif : réduire de 40 % le nombre d’enfants âgés de moins de 5 ans atteints d’un retard de croissance d’ici 2025.

On entend beaucoup parler des 1.000 premiers jours de l’enfant ?

Oui jusqu’à présent on parlait des 5 premières années de l’enfant. Maintenant de plus en plus on s’intéresse aux enfants dans les 1.000 premiers jours depuis la grossesse jusqu’aux 2 ans de l’enfant. Il faut savoir que le retard de croissance est associé à un développement cérébral non optimal. La nutrition et l’état de santé de la mère jouent donc un rôle déterminant dans le retard de croissance. Une mère dénutrie est plus susceptible de donner naissance à un enfant présentant un retard de croissance, ce qui perpétue le cercle vicieux de la sous-nutrition et de la pauvreté.

A quoi reconnait-on un enfant malnutri ?

Pour la malnutrition chronique, c’est difficile car on ne voit pas de symptômes spectaculaires ; c’est pourquoi on parle de tueur silencieux. Les performances scolaires et physiques de l’enfant sont amoindries, sa chevelure devient rousse, il est trop petit par rapport à son âge. Il a des carences en tout genre, mais son organisme n’a pas encore commencé à être « autophage », à pomper dans les réserves de gras ou de muscles. Son organisme est vulnérable mais il est encore temps d’agir.

Mais connait-on les vraies causes de la malnutrition ?

Une combinaison de facteurs est responsable de cette situation. Bien sûr en premier lieu la pauvreté est responsable. Un milliard d’êtres humains survivent avec moins d’un dollar par jour. On appelle ça « l’insécurité alimentaire des ménages » ! En ville le chômage est incriminé, dans les campagnes c’est le manque d’accès à la terre et surtout la mauvaise gestion des cultures par les gouvernements. Ils ne peuvent ni produire ni acquérir assez d’aliments contenant l’énergie et les nutriments dont ont
besoin les enfants… Et pourtant selon l’UNICEF « la production agricole mondiale est actuellement suffisante pour nourrir le monde, mais c’est l’accès à la nourriture qui est plus problématique en quantité, en qualité et à un prix abordable. »

Toujours selon l’UNICEF «Le faible niveau d’éducation des femmes, l’iniquité de leur statut social et leur pouvoir de décision limité peuvent influer négativement sur leur statut nutritionnel ainsi que sur celui de leurs enfants. »
Autre cause le manque d’installations sanitaires. A ce jour un milliard d’êtres humains n’ont pas accès à l’eau potable. Les maladies infectieuses se propagent chez les enfants comme la diarrhée ce qui entraîne une difficulté d’absorption des nutriments en diminuant l’appétit avec pour conséquence des retards de croissance ou autres formes de malnutrition. Il faut donc donner accès à l’eau potable, à l’assainissement, à l’hygiène en éliminant la défécation à l’air libre, apprendre le lavage des mains avec du savon…
Il faut aussi encourager l’allaitement maternel qui est une garantie dans certaines régions, en l’absence d’eau potable, d’éviter les risques d’infection. Plus qu’un aliment, le lait maternel est le premier vaccin, car il protège les nourrissons de la diarrhée et des infections respiratoires tout en stimulant leur système immunitaire. Les problèmes de malnutrition surviennent quand brutalement l’enfant est sevré et est mis à une alimentation familiale très pauvre en nutriments. Les mères désespérées ne comprennent pas pourquoi leur bébé perd son énergie et sa santé.

Quelles sont les conséquences de la malnutrition ?

Elles sont multiples car elle touche à la fois la santé des enfants, l’économie et l’éducation du pays. 

Les enfants bien sûr en premier lieu, car c’est dans ces fameux 1000 premiers jours de la conception à l’âge de deux ans que les organes et les tissus se forment, entre autre le cerveau et les os. Tout son potentiel physique et cognitif est concerné pour le reste de sa vie. L’avenir de l’enfant est donc complètement lié à l’alimentation qu’il recevra dans le ventre de sa mère mais aussi dans les premiers mois de sa vie. Si la malnutrition n’est pas prise en charge très tôt cela provoquera chez lui des handicaps irréversibles dans son développement.
Pour citer deux carences parmi les trois les plus courantes : les carences en fer qui peuvent causer des cas d’anémie mortelle ou entraîner une baisse de la productivité. Ce sont comme toujours les femmes et les enfants les plus vulnérables, on dénombre 4 à 5 milliards de personnes qui souffrent de cette carence. Une anémie qui augmente le risque d’hémorragie et de septicémie pendant l’accouchement. Ces femmes donnent naissance à des bébés prématurés ou de petit poids qui souffrent alors d’infections à répétition dues à leur système immunitaire affaibli et qui plus tard s’ils vivent auront des troubles de l’apprentissage et du développement.

Les carences en vitamine A, elles peuvent entraîner la cécité ou l’affaiblissement du système immunitaire. Au niveau mondial un enfant sur trois d’âge préscolaire et une femme enceinte sur six souffrent de carences en vitamine A en raison d’un régime alimentaire inadéquat. Il faut savoir que la vitamine A stimule la réponse immunitaire. Les enfants présentant des carences courent un risque plus élevé de mourir d’une maladie infectieuse telle que la rougeole ou la diarrhée. La supplémentation en vitamine A fournie périodiquement aux enfants âgés de 6 à 59 mois s’est révélée très efficace dans la baisse de la mortalité dans les pays où cette carence constitue un problème de santé publique. Source UNICEF avril 2013.
Chaque année des millions d’enfants meurent prématurément, la malnutrition a des conséquences sur la société toute entière. Maladies infectieuses, handicaps neurologiques et physiques, chute de productivité chez les adultes consécutive aux carences, tout cela a une influence directe sur l’économie des nations, coûtant plus de 5 %, du PNB. De source UNICEF, on a pu constater par ailleurs, que la plupart des pays qui ont connu une croissance économique régulière et relativement forte ont vu la nutrition s’améliorer au cours des 20 dernières années.

Qui dit malnutrition dit que les enfants ne vont pas à l’école ou bien ont des difficultés à se concentrer et à suivre en classe. C’est donc toute l’éducation qui est en danger et par conséquence tout l’avenir des pays.

La malnutrition ? Une fatalité ou pas ?

Certainement pas. Mais il est capital de prendre le problème de la malnutrition en amont, au stade de la femme en âge de procréer afin de limiter les naissances d’enfants chétifs candidats à la malnutrition. Faire de la prévention plutôt que d’agir dans l’urgence alors qu’il est déjà trop tard pour certains enfants malnutris. La Fondation Antenna  a une solution à la malnutrition : la production locale de spiruline

Pour en savoir plus :