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Etudes cliniques

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La spiruline dans la lutte contre la malnutrition 

Diverses organisations ont fait le choix d’intervenir dans la prévention de la malnutrition infantile. Cette prévention est notamment basée sur l’éducation nutritionnelle des populations, le développement et la consommation de produits cultivables localement et la mise à disposition d’aliments de complément. Depuis des années, des ONG et des institutions de santé utilisent la spiruline dans les pays en développement pour traiter avec succès des dizaines de milliers d’enfants souffrant de malnutrition chronique légère ou modérée.

La malnutrition est définie comme un état pathologique dû à la consommation prolongée d’une nourriture ne fournissant pas l’ensemble des éléments nécessaires à la santé. Dans les pays en développement, la malnutrition entraîne chez le jeune enfant de nombreuses conséquences néfastes: augmentation du risque de mortalité, diminution des défenses immunitaires, retard du développement moteur, diminution des capacités cognitives et d’apprentissage à l’école.

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a reconnu les bienfaits de la spiruline. Elle soutient  des programmes pilotes de production à grande échelle, notamment

La fondation Antenna diffuse sur son site un document intitulé La spiruline dans la lutte contre la malnutrition: Bilan et perspectives, qui résume les propriétés nutritionnelles et thérapeutiques de la spiruline et fait le point sur les nombreuses études qui lui sont consacrées.

Une revue des études cliniques contrôlées publiées dans des journaux internationaux donne des éléments en faveur de l’efficacité de la spiruline sur le poids et l’état nutritionnel et la correction de l’anémie par manque de fer.

Les études cliniques 

 

Matondo 2016

Matondo FK, Takaisi K, Bedi Nkuadiolandu B et al.: Spirulina supplements improved the nutritional status of undernourished children quickly and significantly: experience from Kisantu, the Democratic Republic of the Congo. Int. J. Ped., 2016.

 Cette étude cas-contrôle a été conduite au Congo chez 50 enfants dénutris âgés de 6 à 60 mois. D’après les z scores poids/âge et poids/taille établis en début d’étude, plus de 75% des enfants souffraient de malnutrition aigüe. 70% d’entre eux présentaient des œdèmes. Tous les enfants présentaient une anémie (sévère dans 20% des cas).

Tous les enfants ont reçu un régime de renutrition spécifique au centre d’étude qui, chez 16 d’entre eux, a été supplémenté par 10 g/jour de spiruline. L’étude a duré 1 mois. L’état nutritionnel et biologique a été mesuré en début d’étude, au bout de 15 jours et en fin d’étude.

Au bout de 2 semaines, on pouvait déjà noter que certains paramètres biologiques étaient  significativement améliorés dans le groupe supplémenté en spiruline mais pas dans le groupe contrôle : volume corpusculaire moyen des globules rouges, albumine et protides totaux. Au bout d’1 mois tous les paramètres mesurés étaient statistiquement améliorés dans le groupe recevant de la spiruline :

– les enfants avaient pris en moyenne 1,17 kg alors que les enfants non supplémentés étaient restés stables (p=0,001),
–  leur hémoglobine avait augmenté en moyenne de 1,75 g/dL vs 0,26 g/dL dans le groupe contrôle (p=0,001).

 

Simpore 2006

Simpore J, Kabore F, Zongo F, et al.: Nutrition rehabilitation of undernourished children utilizing spiruline and Misola, Nutrition Journal, 5:3; 2006.

Cette étude a été conduite à Ouagadougou, au Burkina Faso, chez 550 enfants malnutris de moins de 5 ans. 455 présentaient un marasme sévère, 57 un marasme modéré et 38 un kwashiorkor associé. Les enfants ont été randomisés en 4 groupes: 170 ont reçu du Misola* (groupe A, 731 ± 7 kcal/jour), 170 ont reçu  10 g/jour de spiruline en complément alimentaire de la nourriture traditionnelle (groupe B, 748 ± 6 kcal/jour), 170 ont reçu 10 g/jour de spiruline et du Misola (groupe C, 767 ± 5 kcal/jour) et 40 enfants ont reçu l’alimentation traditionnelle sans supplémentation (groupe D, contrôle, 722 ± 8 kcal/jour). L’état nutritionnel et biologique a été mesuré en début et fin d’étude (8 semaines). Les paramètres utilisés pour évaluer l’état nutritionnel étaient les 2 z-scores : poids pour taille et poids pour âge.

L’état nutritionnel s’est amélioré chez tous les enfants, mais de façon plus significative dans le groupe C (Misola + spiruline), qui a pu recevoir la quantité la plus importante de calories mais aussi de protéines, grâce à la spiruline.

Cette amélioration correspond à une augmentation du poids dans tous les groupes. Elle a été en moyenne de 20g/jour dans le groupe Misola, 34 g/jour dans le groupe Misola + spiruline, 15 g/jour dans le groupe alimentation traditionnelle et 25 g/jour dans le groupe alimentation traditionnelle + spiruline.

*  Le Misola est une mixture composée de millet (60%), de soja (20%), de cacahouète (10%), de sucre (9%) et de sel (1%).

 

Simpore 2005

Simpore J, Zongo F, Kabore F et al.: Nutrition rehabilitation of HIV-infected and HIV-negative undernourished children utilizing spirulina. Ann Nutr Metab, 49:373-80; 2005.

170 enfants dénutris, 84 infectés par le VIH et 86 VIH-négatifs, âgés de 12 à 60 mois ont été enrôlés dans l’étude réalisée au Burkina Faso. Chacun des 2 groupes a été randomisé en 2 sous-groupes : l’un recevant une alimentation traditionnelle et l’autre l’alimentation traditionnelle supplémentée avec 10 g/jour de spiruline, pendant 8 semaines. Les paramètres nutritionnels et biologiques étaient mesurés en début et fin d’étude.

Les paramètres nutritionnels se sont améliorés chez tous les enfants, mais de façon plus significative dans les groupes ayant reçu de la spiruline. La supplémentation en spiruline a entrainé un gain de poids de 15 g/jour chez les VIH+ et 25 g/jour chez les VIH- (respectivement 10 et 20 g/jour dans les groupes contrôles).

 

Azabji-Kenfack  2011

Azabji-Kenfack M, Edie Dikosso S, Loni GE, et al.: Potential of Spirulina platensis as a nutritional supplement in malnourished HIV-infected adults Sub-Saharan Africa: a randomized single-blind study. Nutrition and Metabolic insights, 4:29-37; 2011.

Cette étude a été conduite au Cameroun chez 52 jeunes adultes dénutris, atteints du SIDA, naïfs de tout traitement, mais éligibles à une thérapie antirétrovirale. Ils ont été randomisés en 2 groupes : l’un a été supplémenté avec de la spiruline et l’autre avec du soja. La supplémentation a été calculée en fonction du poids corporel afin d’apporter 25% des apports protéiques totaux (apports protéiques totaux : 1,5 g/kg). 

Après 12 semaines de supplémentation, un gain de poids était observé dans les 2 groupes de traitement, mais la masse maigre était supérieure dans le groupe recevant de la spiruline (42,2 ± 9,5 vs. 39,0 ± 6,4 Kg, p=0.01).

 

Efficacité de la Spiruline dans l’anémie

Étant donné l’importante concentration en fer directement assimilable de la spiruline, son utilité dans l’anémie ferriprive semble évidente.

L’anémie étant extrêmement fréquente dans la malnutrition, le dosage de l’hémoglobine est  souvent un paramètre secondaire d’efficacité dans les études spiruline/renutrition. L’exemple le plus récent est l’étude cas-contrôle de Matondo, citée plus haut.

Nous rapportons ici les données publiés par Sachdeva et al.* qui a effectué une étude chez 60 fillettes âgées de 7 à 9 ans sélectionnées par échantillonnage aléatoire dans une école en Inde, pour évaluer l’effet d’une supplémentation alimentaire en spiruline sur le profil hématologique et le statut intellectuel. Les élèves ont été réparties en 2 groupes : 30 ont été supplémentées en spiruline (1g/jour, 5 jours par semaine pendant 2 mois, groupe expérimental E) et 30 autres étaient le groupe contrôle (C).

En début d’étude, aucune de ces élèves ne présentaient d’anémie sévère. Selon la classification OMS de 1972, 73,3% du groupe E était anémique (hémoglobine <12 g/dL) contre 30 % du groupe C.  En fin d’étude, ce taux était stable dans le groupe non supplémenté, alors que l’anémie a été corrigée chez 100% des anémiques du groupe supplémenté en spiruline.

* Sachdeva R, Kaur R & Sangha JK: Effect of supplementation of spirulina on the haematological profile and intellectual status of school girls (7-9 years), J. Hum. Ecol., 15(2):105-108; 2004.