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FAQ

La malnutrition

Qu’est-ce que la malnutrition ?

La malnutrition est définie comme un état pathologique dû à la consommation prolongée d’une nourriture ne fournissant pas l’ensemble des éléments nécessaires à la santé. Dans les pays en développement (PED), la malnutrition entraîne chez le jeune enfant de nombreuses conséquences néfastes et irrévocables : augmentation du risque de mortalité, diminution des défenses immunitaires, retard du développement moteur, diminution des capacités cognitives et d’apprentissage à l’école.

La malnutrition n’est-elle pas d’abord un problème politique et non technique ?

La production locale de spiruline contient un aspect éminemment politique : elle vise à l’autonomie nutritionnelle des populations les plus pauvres. Ce moyen technique pourrait donc court-circuiter les conséquences désastreuses de certaines politiques nationales et internationales. Renforcer l’autonomie alimentaire, c’est aussi lutter contre l’emprise des multinationales des semences, des cartels de la malbouffe et autres fournisseurs de vitamines synthétiques.

 

Pertinence de la spiruline

La spiruline est-elle une réponse pertinente à la malnutrition ?

Tout d’abord la spiruline contient la quasi-totalité des principaux micronutriments nécessaires à l’organisme et ce dans des proportions telles qu’une part importante des besoins journaliers d’un enfant en ces principaux micronutriments, sont couverts par 1 ou 2 grammes de spiruline : tous les acides aminés, la pro-vitamine A, des vitamines des groupes B, E et K, de nombreux oligo-éléments (fer, potassium, phosphore, zinc, magnésium, calcium, …), l’acide gamma-linolénique, des pigments (phycocyanine, chlorophylle, …).

La biodisponibilité de ces micronutriments est bien supérieure à celle fournie par des produits équivalents d’origine végétale.

La culture de la spiruline est locale: elle permet donc aux populations concernées d’améliorer par elles-mêmes leur situation nutritionnelle et crée une activité génératrice de revenus pour les personnes qui y travaillent. Les régions où la situation nutritionnelle est la plus précaire sont le plus souvent justement celles où le climat est le plus favorable à la croissance de la spiruline.

Enfin sa culture consomme peu d’eau et n’a pas besoin de terres fertiles pour croître, arguments importants dans des zones en phase de désertification ou soumis à de fortes pressions foncières.

Ne faudrait-il pas d’abord maîtriser les techniques agricoles avant de vouloir en introduire des nouvelles ?

La culture de spiruline est un complément aux productions alimentaires classiques. Bien souvent, les techniques agricoles classiques, si bien maîtrisées qu’elles soient, sont directement responsables de la malnutrition : agriculture, tournée exclusivement vers les exportations, dévoreuses d’eau et de sols, etc. La culture de la spiruline participe à corriger ces faiblesses et ces inconvénients.

Les fruits et les légumes suffisent à garantir une alimentation équilibrée : pourquoi chercher ailleurs ?

La spiruline n’est pas un produit de remplacement, mais un complément alimentaire dont les immenses avantages par rapport aux productions potagères classiques sont :

  • Une production quotidienne et toute l’année
  • Pas besoin de pesticides car culture non sujette aux insectes ni aux maladies
  • Besoins en eau environ dix fois moindre que pour des légumes
  • Pas besoin de terre fertile : un sol rocheux ou dégradé convient parfaitement
  • La spiruline séchée se conserve des années en gardant ses propriétés nutritionnelles intactes
  • Très forte assimilabilité démontrée, sans nécessiter de cuisson.

En outre, les fruits et légumes n’ont pas du tout la même disponibilité et accessibilité que la spiruline : ils sont souvent hors de portée pour les ménages à plus bas revenus ; ils sont en plus difficiles à transporter et à conserver et ne sont pas disponibles toute l’année.

Les micro-éléments les plus fréquemment déficients (fer, vitamine A et iode) ne coûtent presque rien.
Les ajouter aux aliments courants n’est-il pas plus économique qu’un programme de spiruline ?

Ajouter des micro-éléments aux aliments (ce qu’on appelle « fortification ») n’est pas une solution durable. Cela implique l’importation de produits pharmaceutiques, mais aussi la centralisation des denrées alimentaires de base afin de les « fortifier ». Parfaitement justifiée en cas d’urgence, cette fortification coûte bien plus chère qu’il n’y paraît : non pas à cause du prix des micro-éléments, mais à cause des infrastructures nécessaires, de la distribution à mettre en place, ainsi que des contrôles indispensables pour éviter les dangers de surdosage. De plus, l’impact sur les économies locales peut être problématique car ce sont des produits de bases (huile, farine, etc.) qui viennent concurrencer, à grand renfort de publicité, les petites productions locales.

Les projets de spiruline ne sont-ils pas coûteux et complexes ?
N’y a-t-il pas de meilleurs moyens d’utiliser les mêmes ressources pour des résultats plus spectaculaires

Les projets de spiruline sont des projets de développement ; ils s’inscrivent donc dans le long terme. A ne pas comparer à des projets d’urgence répondant à des situations de crise.
Sur le long terme, les projets de spiruline sont d’une efficacité difficilement égalable :

  • Ils proposent une solution à la malnutrition sur le long terme. Ainsi une ferme de 500 m² produisant 900 kg de spiruline par an dont 1/3 à des fins de lutte contre la malnutrition va permettre à 3.000 enfants chaque année de retrouver une situation nutritionnelle normale (cure de 100 g en moyenne). Sur 15 ans, cela veut dire que 45.000 enfants en auront bénéficié.
  • Ils permettent aux populations concernées de résoudre par elles-mêmes leurs difficultés.
  • Ils créent des activités autonomes génératrices de revenus et créatrices d’emplois durables.

On parle de spiruline contre la malnutrition, mais pourquoi est-ce aussi consommé dans les pays du Nord ?

La malnutrition existe dans les pays du Sud bien sûr mais également dans les pays du Nord. Cela n’a rien à voir avec la faim mais avec la qualité des aliments absorbés, à leur valeur nutritionnelle. Il s’agit d’un état pathologique provenant de l’usage prolongé d’une nourriture ne fournissant pas l’ensemble des éléments nécessaires à la santé (sucres, lipides, protéines, mais aussi et surtout acides gras essentiels, vitamines, minéraux, fibres etc). Nous sommes souvent en état de malnutrition sans le savoir par des apports excessifs ou déséquilibrés de certains nutriments (graisses, sucres et protéines dans les pays industrialisés). En faisant une cure de spiruline vous ne grossirez pas, votre organisme, votre métabolisme retrouveront leur équilibre et vous serez en forme, moins fatiguée, vos défenses immunitaires seront augmentées. Vous pouvez lire l’excellent livre de Joëlle Le Guehennec « La Spiruline » vous trouverez toutes les bonnes raisons de faire vite une cure de spiruline.

 

Reconnaissance internationale de la spiruline

Pourquoi la spiruline est-elle encore peu connue et reconnue notamment par les grands organismes internationaux ?

Tout d’abord, la notoriété de la spiruline ne cesse de croître et se limite de moins en moins à quelques cercles d’initiés comme c’était encore le cas il y a 10 ans. La spiruline est plus connue dans certains pays que dans d’autres et la production mondiale de spiruline avoisine les 5.000 tonnes par an (rappel : la ration journalière est de l’ordre de 5 grammes pour un adulte, rien à voir donc avec les volumes des grandes céréales …).

De plus, certains organismes internationaux s’intéressent désormais à la spiruline : la FAO par exemple a édité un rapport en 2008 (« A review on culture, production and use of spirulina as food for humans and feeds for domestic animals and fish ») confirmant les importantes potentialités de la spiruline.
Cela dit, les moyens dont disposent les acteurs de la spiruline dans le domaine de la nutrition restent encore limités, ce qui limite son expansion. 
Enfin, certaines grosses structures (ONG ou organismes internationaux) ont développé de leur côté des méthodes, des procédures et des produits qui ont eux aussi fait leur preuve et un changement de leur part se heurtent de ce fait, à une inertie importante.

De quelles reconnaissances officielles bénéficie la spiruline ?

Les gouvernements de plusieurs pays aux situations nutritionnelles précaires ont reconnu l’intérêt de la spiruline et ont apporté leur appui soit à sa production, soit à sa diffusion, soit aux deux : Burkina Faso, Niger, Bénin, Madagascar.
La spiruline dispose d’une AMM (Autorisation de Mise sur le Marché) dans la plupart des pays où elle est produite.
La spiruline est certifiée GRAS (Generaly Recognized As Safe) par la FDA (Food and Drug Administration) américaine.
La FAO a édité un rapport en 2008 (« A review on culture, production and use of spirulina as food for humans and feeds for domestic animals and fish ») reconnaissant les importantes potentialités de la spiruline.
L’agence fédérale américaine en charge de l’évaluation des compléments alimentaires aux États-Unis (la DSI-EC) a conclu en août 2011 que la spiruline était un produit de sécurité alimentaire maximale parmi les compléments alimentaires…

Existe-t-il des essais cliniques démontrant scientifiquement l’efficacité de la spiruline ?

Contrairement à ce qui est souvent écrit ou dit, les vertus nutritionnelles de la spiruline ont fait de plusieurs études scientifiques, notamment :

  • En Inde, un essai comparatif randomisé portant sur 60 enfants malnutris de 1 à 6 ans avait montré qu’une dose journalière de 1 g pendant 6 semaines permettait une reprise du poids et du taux d’hémoglobine significativement plus rapide chez les enfants prenant la spiruline que chez qui n’en prenaient pas (Madurai Medical College, 1999).
  • En Inde également, un essai randomisé portant sur 60 écolières s’est attaché non seulement aux effets purement nutritionnels d’un apport d’une faible dose de spiruline (1 g/j) mais aussi à d’éventuels effets indirects sur leurs performances intellectuelles (Sachdeva, 2004). Concluant à des effets positifs et statistiquement significatifs tant sur le statut hématologique des élèves que sur leurs performances intellectuelles.
  • Au Burkina Faso, une étude de réhabilitation nutritionnelle comparative portant sur 170 enfants (84 enfants VIH-positifs et 86 enfants VIH-négatifs) démontre non seulement l‘intérêt de la spiruline dans le traitement de la malnutrition infantile, mais aussi son impact particulièrement favorable dans la renutrition des enfants infectés par le VIH (Simpore, 2005). Ce travail a été mené à Ouagadougou en utilisant une spiruline produite localement à l’aide d’installations simples.
  • Une autre étude menée par les mêmes auteurs a permis de comparer l’intérêt nutritionnel de régimes composés de spiruline cultivée au Burkina Faso et/ou de Misola  (Simpore, 2006). Les travaux ont porté sur 550 enfants malnutris de Ouagadougou, âgés de moins de 5 ans. Une amélioration du poids en fonction de la taille et de l’âge est observée chez tous les enfants, particulièrement ceux du groupe dont le régime alimentaire était constitué de spiruline et de Misola. L’étude conclut que le Misola, la spiruline additionnée à la nourriture traditionnelle ou encore la spiruline additionnée au Misola sont de bons régimes alimentaires pour les enfants sévèrement malnutris. Le régime associant spiruline et Misola donne les meilleurs résultats car il allie le fort apport calorique du Misola à la richesse en protéines de la spiruline.
  • En République centrafricaine, une étude prospective randomisée d’une durée de 6 mois a été réalisée avec des personnes infectées et affectées par le VIH (Yamani, 2009). 160 patients ont été répartis en deux groupes. Les patients du premier groupe ont reçu 10 grammes de spiruline par jour tandis que ceux du deuxième groupe ont reçu un placebo. Cette étude montre une amélioration significative des principaux paramètres de suivi (poids, périmètre brachial, nombre d’épisodes d’infections, compte des CD4, protidémie) qui est comparable dans les deux groupes. Toutefois, cela n’a pas permis de conclusions claires sur les critères cliniques entre les groupes en raisons de problèmes méthodologiques rapportés par les auteurs.

Malgré ces nombreux résultats positifs, appuyés par des études démontrant l’efficacité de la spiruline, celle-ci n’est toujours pas reconnue par les agences intergouvernementales et les grandes ONG qui travaillent dans le domaine de la malnutrition.

Afin de changer cette situation, la Fondation Antenna a diffusé La spiruline dans la lutte contre la malnutrition: Bilan et perspectives, qui résume les propriétés nutritionnelles et thérapeutiques de la spiruline et fait le point sur les études qui lui sont consacrées. Nous appelons ainsi ces grandes organisations à enfin tenir compte de l’importance de la spiruline et à l’intégrer dans leurs programmes de lutte contre la malnutrition.

 

Production de la spiruline

Produire la spiruline, n’est-ce pas trop compliqué ?

Techniquement, la production de spiruline demande bien moins de savoir-faire que la production du riz. Le problème n’est pas la complexité mais bien la nouveauté : selon le niveau d’éducation, une formation d’une semaine à un mois est indispensable (à comparer avec les années d’apprentissage pour les techniques agricoles classiques).

Les ingrédients nécessaires sont-ils faciles à trouver sur place ?

La culture de spiruline ne requière qu’un seul ingrédient qui ne fasse pas partie des engrais classiques : le bicarbonate de sodium. Ce produit est toutefois très courant et peut être remplacé par de la cendre de bois. La culture de la spiruline nécessite aussi de l’azote, du phosphore et du potassium ; mais là encore, les recherches d’Antenna Technologies ont montré qu’un grand nombre d’alternatives sont possibles (pour plus de précisions, consulter l’ouvrage de JP Jourdan).

La spiruline « bio » existe-t-elle ?

Si l’on se tient à la définition de « biologique », la spiruline « bio » est produite sans engrais de synthèse, sans pesticides ni additifs alimentaires. Il est donc parfaitement possible de produire de la spiruline « bio », en utilisant uniquement des sels minéraux naturels et des intrants organiques. Mais cette approche souffre de deux défauts majeurs.

  • Bien que parfaitement naturels, certains minéraux naturels ne sont pas agréés pour l’agriculture bio. Une spiruline produite avec de tels intrants n’aura donc pas nécessairement le label « bio ». Les seules sources d’azote autorisées sont maintenant les sources d’azote organique (urine, purins, fumier, déchets animaux et végétaux).
  • Les minéraux naturels et bruts (comme certains phosphates) peuvent contenir des métaux lourds (parfaitement naturels, eux-aussi). La spiruline concentrant ces métaux lourds, il y a un risque de dépassement des seuils autorisés => une analyse préalable s’impose.
  • L’apport en carbone peut se faire grâce au CO2 de l’air, mais la productivité est alors plus modeste. Un apport complémentaire en CO2 (CO2 produit par une brasserie par exemple) peut être fait.

Les sources d’azote organiques précitées quant elles, ont les inconvénients suivants :

  • L’azote d’origine animale se heurte souvent à la réticence du consommateur voire même à de véritables tabous dans certains pays.
  • L’azote d’origine végétale est assez difficile à gérer pour l’exploitant : son introduction dans le bassin salit le milieu de culture et les importantes quantités de végétaux nécessaires peuvent poser des problèmes à l’environnement (déforestation) dans certains contextes écologiques fragiles.

Enfin, la culture aux intrants naturels est plus complexe que celle aux intrants de synthèse ; en effet, la composition chimique exacte des intrants naturels étant mal connue, la mesure des quantités effectives des composants introduits dans le milieu est assez empirique et demande davantage d’expérience de la part de l’exploitant. C’est pour cela que nous conseillons à un futur exploitant de commencer par une culture aux intrants de synthèse. Une fois celle-ci bien maîtrisée, il peut, s’il le souhaite, progressivement remplacer certains de ces intrants par d’autres d’origine naturelle.

Quel est le niveau idéal à maintenir dans le bassin de culture ?

Un niveau faible (5 à 10 cm) améliore la productivité, mais expose davantage la culture aux rayons du soleil et aux élévations de température. A l’inverse, un niveau élevé (plus de 20 cm) limite les risques de photolyse ou de surchauffe mais à un impact négatif sur la photosynthèse donc la productivité. Dans la pratique, on maintient un niveau moyen entre 13 et 18 cm qui donne une inertie thermique et une inertie de pH confortables sans compromettre la productivité. Il faut par ailleurs veiller à une relative planéité du fond du bassin (moins de 5 cm entre les deux niveaux extrêmes) et toujours mesurer le niveau au même point (point de profondeur médiane).

Est-il possible de produire de la spiruline dans des climats froids ?

Oui, à condition que la culture soit maintenue dans des conditions de température et d’éclairement correctes. Ceci est facile en laboratoire ou en phytotron (serres reproduisant artificiellement n’importe quel climat), mais pratiquement hors de portée d’un petit producteur, à moins qu’il se contente d’un aquarium donnant quelques grammes par jour, à l’intérieur d’une pièce chauffée.

Dans les climats tempérés du Nord, la production est possible sous serre de mai à octobre, sans chauffage d’appoint. On peut obtenir les mêmes hautes productivités qu’en Afrique en cas de forçage par apport de carbone artificiel (CO2, sucre ou bicarbonate), mais uniquement quand il y a du soleil, c’est-à-dire environ la moitié du temps. Dans ce cas, une région peu ensoleillée est défavorisée. Mais si l’on se contente de l’apport du CO2 naturel, la différence entre régions tempérées et tropicales tend à s’annuler car c’est l’absorption du CO2 atmosphérique qui est le facteur limitant la productivité, or cette absorption se poursuit en l’absence de soleil.

Peut-on cultiver la spiruline dans son jardin ? Y a-t-il une surface de culture minimale ?

Oui, on peut bien sûr cultiver la spiruline dans son jardin si les conditions climatiques s’y prêtent. Avant de se lancer ans une telle culture, il faut cependant se souvenir que la culture de la spiruline est un travail exigeant et quotidien qui nécessite soin, motivation et application.
Il existe en effet une surface de culture minimale si l’on envisage la culture de la spiruline sous la forme d’une micro-entreprise employant des salariés et devant équilibrer son compte d’exploitation (ce qui est dit là ne concerne donc pas les exploitations dédiées à la consommation ou dont les coûts d’exploitation sont financés par un tiers). Cette surface minimale dépend du contexte économique du pays (coûts salariaux, prix des intrants, prix du marché de la spiruline, …) ; à titre d’exemple, la surface minimale en Afrique de l’Ouest est de l’ordre de 300 à 400 m².
Pour cette raison, Antenna France a décidé sauf exception dûment justifiée, d’appuyer des projets d’une surface au moins égale à 300 ou 400 m².

 

Aspects environnementaux

En quoi la spiruline est-elle un produit d’avenir d’un point de vue agronomique ?

Dans un contexte de raréfaction des terres arables et de diminution des ressources en eau, la spiruline présente 3 avantages absolument décisifs :
1/ elle possède un excellent rendement à l’hectare : la quantité de protéine à l’hectare produite par la spiruline est
       • 20 fois plus forte que pour le soja
       • 40 fois plus forte que pour le maïs ou le blé
       • 200 fois plus forte que pour le bœuf
2/ sa production exige peu d’eau : la quantité d’eau consommée pour produire 1kg de protéine issue de la spiruline est :
       •  4 fois plus faible que pour le soja
       •  5,8 fois plus faible que pour le maïs ou le blé
       •  50 fois plus faible que pour le bœuf
3/ la spiruline n’a pas besoin de terres arables : elle ne vient pas en concurrence des autres cultures mais crée au contraire une opportunité de valoriser des terrains improductifs.

La production de spiruline participe-t-elle à lutte contre les émissions de CO2 ?

Oui, de deux manières :
1/comme toute culture utilisant la photosynthèse, la spiruline capte le CO2 de l’atmosphère qu’elle transforme en matière organique, et rejette de l’oxygène. Les cyanobactéries, dont fait partie la spiruline, sont même les premières sur terre, il y a 3,5 milliards d’années, à avoir réalisé cela et ainsi avoir permis l’apparition de la vie telle que nous la connaissons aujourd’hui.
 2/ la production de spiruline requiert moins d’énergie que les autres cultures :
      •  5 fois que le soja
       • 2 fois moins que le maïs ou le blé
       • 100 fois moins que le bœuf

Comment ne pas polluer l’environnement par les purges ?

Si l’on opte pour un mode de culture nécessitant des purges, il convient d’observer les points suivants :

  • Les purges ne doivent pas être évacuées dans les eaux usées, ni dans des cours d’eau.
  • De faibles quantités peuvent être épandues sur des sols non détrempés, à condition de diluer les purges dans au moins 4 fois leurs volumes d’eau.
  • En région sèche, il est préférable d’évaporer les purges par lagunage : les sels minéraux récupérés peuvent être réintégrés dans des cultures de spiruline.
  • Il est également possible, mais le processus est plus délicat, de recycler des purges en bassins profonds (> 1m ), de préférence aérés à l’aide d’un petit compresseur. Après quelques semaines, le liquide se clarifie et le pH se stabilise autours de 9.8 : on peut alors le réintégrer à une culture de spiruline.

 

Diffusion de la spiruline

Qu’en est-il de l’acceptabilité alimentaire de la spiruline ?

Contrairement aux appréhensions courantes, l’expérience montre que la spiruline (aux faibles doses préconisées) est bien acceptée par ceux qui en ont besoin.
Cependant, comme il s’agit d’un produit nouveau dans beaucoup de pays, sa diffusion nécessite des actions de sensibilisation et de promotion qui doivent, dès le départ, faire partie intégrante de tout projet de spiruline.

Est-il facile de faire connaitre la spiruline ?

Dans beaucoup de pays, la spiruline est un produit nouveau, parfois assez éloigné des habitudes alimentaires traditionnelles. Sa diffusion nécessite donc un important travail de promotion et de sensibilisation.
Heureusement l’impressionnante efficacité de la spiruline parle pour elle et le bouche-à-oreille complète largement le travail initial de communication.
Ceci étant dit, il ne faut pas négliger l’importance de ces actions de promotion voire de marketing : celles-ci doivent faire partie intégrante de tout projet de spiruline et doivent être entreprises au plus tôt (en tout cas bien avant le démarrage de la production proprement dite).

Comment est diffusée la spiruline des projets appuyés par Antenna France ?

On distingue :

  • La distribution humanitaire ou sociale : celle-ci est faite à très bas prix (dans certains cas spécifiques elle est donnée) dans le cadre de distribution encadré et contrôlée destinée aux populations défavorisées ou en situation de précarité. En général cette distribution représente de 30 à 50% de la spiruline produite.
  • La vente commerciale : celle-ci est faite à un prix plus élevé et est destinée aux personnes ayant les moyens de payer ce prix. La marge faite sur ces ventes permet de couvrir les frais de fonctionnement de l’exploitation et le manque à gagner liée à la distribution humanitaire ou sociale. Le réseau de vente est constitué de grossistes, de magasins et de revendeurs particuliers

Comment être sûr que la spiruline arrive bien à ceux qui en ont le plus besoin ?

Voir tout d’abord la réponse à la question ci-dessus.
Les partenaires d’Antenna France s’engagent à rendre compte mensuellement de la spiruline distribuée. Antenna France se réserve par ailleurs le droit de recouper les informations reçues.
Pour s’assurer qu’il n’y a pas de détournement du réseau social / humanitaire vers le réseau commercial, la distribution sociale / humanitaire se fait en structure encadrée et contrôlée. En outre, le plus souvent, le conditionnement utilisé pour l’une et l’autre est différent.

 

Comparaison avec d’autres produits.

Peut-on comparer la spiruline aux Extraits Foliaires de Luzerne) ?

Voici quelques éléments comparatifs concernant leur composition respective :

On le voit, la gamme des micronutriments contenus dans la spiruline est plus large et plus variée :
       •  des molécules complexes telles que la phycocyanine ou l’acide gamma-linolénique qui interviennent dans les processus de défenses immunitaires ou possèdent des vertus anti-oxydantes sont très présents dans la spiruline.
       •  la spiruline est quasiment la seule source non animale de vitamine B12

Deux remarques complémentaires dans cette comparaison :
    1/ La comparaison des compositions ne suffit pas à rendre compte, seule, de l’intérêt nutritionnel respectif des deux produits ; il faut tenir compte également de la biodisponibilité des micronutriments concernés. Contrairement aux végétaux, les cellules de la spiruline n’ont pas la paroi cellulosique qui constitue un obstacle à l’assimilation par l’organisme humain : la biodisponibilité des composants de la spiruline est donc excellente.

    2/ Par sa production purement locale la spiruline constitue un véritable outil de développement à la fois par l’autonomisation des populations concernées qui maitrisent elles-mêmes la solution à leurs problèmes nutritionnels et par l’activité économique génératrice de revenus et d’emplois qu’elle génère.

tableau comparatif spiruline EFL

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quelle comparaison avec le moringa ?

Voici quelques éléments comparatifs concernant leur composition respective :

Même si la spiruline a une composition en micronutriments plus large et plus variée, on peut considérer que la spiruline et le moringa sont complémentaires : le moringa notamment contient de la vitamine C alors que la spiruline en est dépourvue ; de plus, les graines de moringa brouillées ont des vertus floculantes (décantation de l’eau). Enfin, la spiruline et le moringa sont l’un est l’autre produits localement au plus près des populations auxquelles ils sont destinés. Ce sont donc l’un et l’autre de véritables outils de développement.

Cette complémentarité conduit de plus en plus Antenna France à proposer à ses partenaires de cultiver du moringa à coté de leurs bassins de spiruline.

comparaison spiruline moringa

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Est-il pertinent de faire un parallèle entre la spiruline et le Plumpy-Nut® ?

Ces deux produits ne répondent pas aux mêmes besoins :
        • Le Plumpy-Nut® est un aliment à lui tout seul (il se suffit à lui-même) et est particulièrement indiqué pour traiter les cas de malnutritions aiguës sévères. Il n’est pris que sur des périodes de temps limitées.
        • La spiruline est un complément alimentaire (elle doit donc être ajoutée à l’alimentation de base) ; elle est plus spécialement préconisée pour la prévention de la malnutrition ou le traitement de la malnutrition modérée ou chronique, soit 70% des cas rencontrés sur le terrain.
Elle sera proposée sur le long terme.

Les autres différences importantes entre les deux sont les suivantes :
       • Le Plumpy-Nut® est un produit coûteux en regard du pouvoir d’achat des populations concernées. Il n’est accessible à ces populations que grâce à l’intervention de grands organismes internationaux ou ONG.
       • La spiruline produite localement au plus près des populations qui la consomment, leur est plus accessible même si son prix de revient n’est pas négligeable.

 

Porteurs de projets spiruline

Comment se former à la culture de la spiruline ?

La première possibilité est de réaliser un stage dans une ferme en exploitation. Il faut pour cela que les conditions suivantes soient réunies :

       •  Que la structure exploitant la ferme soit d’accord pour recevoir et former le stagiaire.
       •  Que le stage dure suffisamment longtemps : 2 semaines si ce stage s’inscrit dans une formation plus vaste ; 1 mois si ce stage est l’essentiel de la formation.
       •  Que le stagiaire ait déjà une connaissance théorique de la spiruline.

La deuxième solution,  s’adresser au CFPPA (Centre de Formation Permanente Pour Adultes) du Lycée Agricole de Hyères (Var-France). Cette structure propose  plusieurs formations dont un BPREA en pisciculture avec un volet spiruline. Formation longue approfondie  de 4 mois plus un stage orientée vers les notions de projets. Contactez-les vous aurez tous les renseignements nécessaires pour une bonne formation.

C.F.P.P.A. de Hyères 2, chemin Saint-Lazare 83400 HYERES  Tél : 04.94.00.55.55  cfppa.hyeres@educagri.fr

Comment devenir partenaire d’Antenna France ?

Les programmes de production de spiruline soutenus par Antenna France doivent répondre aux 4 critères suivants

  • Avoir une mission sociale : lutte contre la malnutrition en distribuant de la spiruline aux enfants malnutris.
  • Viser l’autonomie en vendant une partie de la spiruline pour financer les frais de fonctionnement de la ferme et subventionner la distribution sociale.
  • Etre dans les Pays les Moins Avancés  où les taux de malnutrition sont les plus élevés.
  • Etre une personne morale (Association, ONG, coopérative, entreprise sociale, …).

Si votre projet répond à tous ces critères vous pouvez nous faire parvenir votre dossier à contact@antenna-france.org et nous prendrons contact avec vous pour l’étudier ensemble.

Un partenariat avec Antenna France passe par les étapes suivantes:

  • Prise de contact au cours de laquelle le partenaire se présente et expose ses objectifs, ses motivations et le contexte dans lequel il évolue.
  • Si le projet répond à tous les critères de sélection d’Antenna, un document d’introduction aux projets de spiruline sera envoyé au partenaire afin de valider toutes les aspects à prendre en compte.
  • A ce document est joint un questionnaire que la structure est appelé à compléter et à retourner.
  • Si la structure et le projet qu’elle présente remplissent les critères établis par Antenna France , les deux entités commencent à instruire le projet qui pourrait être réalisé en partenariat (expression des besoins, pré-étude).
  • Une fois que les deux futurs partenaires ont suffisamment fait connaissance (soit au moins un an après le premier contact) et si les deux partenaires confirment leur intention de travailler ensemble dans le respect des objectifs et attentes de chacun, une convention de partenariat sera établie.

Le projet peut alors rentrer sans sa phase opérationnelle : contenu détaillé, calendrier, budget, recherche de financement …

Quel investissement faut-il prévoir ?

Tout dépend bien sûr de la surface de production envisagée. Si le projet n’a pas vocation à équilibrer ses comptes (spiruline destinée à être consommée directement dans la structure productrice), il n’y a pas de surface minimale. Il faut compter un minimum de 300 ou 400 m² si l’on a pour ambition de créer une structure économiquement viable. Il faut compter un investissement situé entre 100 et 200 € le m², sachant bien sûr que plus la surface est grande plus le prix au m² diminue. Ces montants ne comprennent pas le prix d’acquisition du terrain. Cette fourchette est large car le prix au m² dépend :

  • de l’environnement économique (la fourchette indiquée fonctionne pour la plupart des pays en développement)
  • des installations préexistantes : on sera plutôt dans la fourchette haute s’il faut réaliser un forage (ou un puits), une clôture et un bâtiment ; on sera dans le bas de l’estimation si ces infrastructures existent déjà.
  • du contexte : si la spiruline est totalement inconnue dans le pays d’installation, il faudra prévoir d’importantes actions de sensibilisation et de promotion.

Comment obtenir une souche de spiruline ?

Antenna ne fournit pas de souches de spiruline mais vous pouvez vous en procurer de plusieurs façons  :

  • Soit se tourner vers l’exploitation la plus proche du futur lieu d’installation. Si c’est dans un pays où Antenna France intervient, nous pourrons vous donner les informations.
  • Soit se tourner vers un producteur français. Toutes les informations se trouvent sur le site de la fédération des Spiruliniers de France
  • Ou bien prendre contact avec le centre de formation hébergé par le CFPPA du Lycée agricole de Hyères. Lors d’une formation au CFPPA vous recevrez des échantillons de souche. Les contacter pour en savoir plus.
  • Ou bien en commander sur le site de Gilles Planchon http://spirulinasolutions.fr/boutique/inoculum-de-spiruline/